VOIR OU SÉDUIRE, IL FAUT CHOISIR.  

Une comédie de Jean Marc Perennou markik75@gmail.com

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 Les Personnages

Norbert Hardal : Aveugle depuis 5 ans. Célibataire, chomeur et fauché.

Claire : ex assistante de vie de Norbert, elle est devenue son amie.

Lucette Chotard : inspectrice de l'action sociale. Vieille fille un peu coincée.

Anne Sophie Pinder Muller : banquière bourgeoise et hautaine. Norbert a fait sa rencontre sur internet.

 Le décor :  Une table basse, un canapé, 2 poufs, un porte manteau. Une porte coté cour et un rideau coté jardin.

 

 

ACTE 1 Scène1 NORBERT est assis sur le canapé. Il est dans l’obscurité. Il est vètu d’un Marcel, d’un caleçon à fleurs et de pantoufles. Il lit très lentement un gros livre en braille posé sur la table. » Anastasia se mit à frémir. Elle sentait le désir monter en elle...   ( NORBERT à lui même ) Elle peut toujours frémir, à la vitesse où je lis le braille  ça va mettre un bout de temps avant que ça lui fasse de l'effet ! ! ( il recommence à lire ) soudain son téléphone sonna. «

( le téléphone posé sur la table émet une annonce ) Vous avez un nouveau message. ( NORBERT prend le téléphone et tapote sur l’écran ; la voix de la synthèse vocale du  téléphone se met à parler avec une voix  de syntèse féminine ) - J’ai décidé de passer aux choses sérieuses. Je saute dans ma voiture et j’arrive. Anne Sophie.

NORBERT - C'est quoi ça ?  ! ( il fait glisser un doigt sur l’écran du téléphone et la voix du téléphone   se remet à parler ) -J’ai décidé de passer aux choses sérieuse. Je saute dans ma voiture et j’arrive. Anne Sophie.

( NORBERT se lève brusquement du canapé, il est complètement paniqué )

NORBERT - Comment ça elle arrive ? Elle aurait peut être pu me demander mon avis ! C'est bien les gonzesses, ça, faut toujours être à leur disposition ! ( Il se lève, énervé ) NORBERT - C'est vrai, quoi, je ne suis pas un homme objet !   ( il attrape avec difficulté sur le porte manteau une chemise avec une cravatte autour du col et l’enfile ) NORBERT - Bon, calme toi mon p’tit gars, elle n’habite pas à coté, elle ne vas pas arriver tout de suite ! ( On sonne à la porte. NORBERT( complètement abattu) - ça se confirme : je n’ais pas du tout la notion des distance! ( On resonne à la porte ) NORBERT - j'arrive, j’arrive!  ( il va ouvrir et se cogne dans la table basse.  il s’adresse à la table) Toi, si tu continue à m’agresser, j’appelle les encombrants! ( il ouvre la porte. Une femme entre ) CLAIRE ( avec une voix très sexy) - Bonjour, NORBERT, il fallait absolument que je vienne, je n'en pouvais plus. J’ais une énorme envie de faire l’amour avec vous ! NORBERT (estomaqué) - Qu'est ce que vous dites ? CLAIRE - Je n’en peux plus,Norbert,  j’ais trop envie de vous ! NORBERT ( il se racle la gorge ) - A ce point là ? Je comprends mieux Quand vous disiez que vous vouliez passer aux choses sérieuses! CLAIRE - C'est celat, Norbert, je vous veux ! NORBERT ( il se racle à nouveau la gorge  et dit avec une petite voix ) - Si  ça vous gène pas, on pourrait peut être discuter un peu avant, non ? CLAIRE ( elle s'approche de Norbert ) - Non, Norbert,  soyons fous, faisons l'amour tout de suite ! Prouvez moi que vous êtes un grand fauve ! NORBERT - Un grand fauve, un grand fauve... Vous voulez pas non plus que je pisses autour du lit pour délimiter mon territoire ? CLAIRE ( elle s'approche encore plus de Norbert et pouffe de rire ) - Non, je ne vous en demande pas tant !

( Norbert renifle Claire   ) NORBERT - Claire ! Mais c’est pas possible, à chaque fois tu me fais le même coup ! Tu pourrais arrèter un peu tes gamineries !  CLAIRE( elle reprend sa voix normale ) - Tu m'as reconnue comment ? NORBERT ( il se touche le nez) - La truffe ! Depuis que j’ai perdu la vue j’ais un pif d’enfer. J’ai été obligé de rendre mon chien d’aveugle, il était jaloux !J’ai reconnu ton parfum !

( Claire rit ) CLAIRE - En fait tu vois bien  mais par le  nez. ça doit communiquer par les lunettes ! elle regarde autour d’elle ) Tu n’aurais pas un peu oublié d’allumer la lumière ? NORBERT( narquois) - C’est mon coté écolo : il faut économiser l'énergie pour protéger la couce d'ozone ! J’ais un copain qui est sourd, il n’allume pas non plus la radio pour économiser les piles ! CLAIRE(elle allume la lumière ) - OK, je reconnais que ma question était un peuidiote ! Mais, vu ton gout prononcé pour les apéritifs anisés, il me semble que tu te préocupe plus de la couche d’eaujaune que de celle d’ozone ! NORBERT - C'est juste une question d'ortographe ! CLAIRE - Qu'est ce qu'elle vient foutre la dedans l'ortographe ? NORBERT   L'ozone c'est pour les verts et l'eau jaune c'est pour les verres ! CLAIRE ( pas convaincue ) - Quelle différence ?

NORBERT - Les verts, V E R T S  et les verres, V E R R E S  ! Les écolos et les alcoolos, si tu préfères ! Il y a vraiment des moments où tu as du retard à l'allumage, toi !   CLAIRE - Je sais : il faudrait que je change mon démarreur ! Et à part ça, ça va, toi ? NORBERT ( il cherche son pantalon par terre près du porte manteau) ça va, ça va ! CLAIRE - Tu as l’air bizarre. J'ai l'impression que quelque chose te tracasse !  NORBERT ( énervé,Je ne savais pas que tu avais fait des études de psychologie ! ) CLAIRE - Ne ronchonne pas, je disais ça comme ça. Tu as reçu ma lettre ? NORBERT ( il cherche toujours son pantalon ) - Ouais, mais je ne l’ai pas lue. Quand j’ai senti que c’était du braille ça m’a dégouté tout de suite ! CLAIRE - Pourtant le braille c’est fait pour les aveugles, non, il me semble ! J’ai appris le braille exprès pour toi ! NORBERT - Je ne suis pas aveugle, je suis mal voyant! CLAIR) - Un millième dans chaque œil tu appelle ça mal voyant, toi ? NORBERT - Tant qu’il y a de la vue il y a de l’espoir ! Tu sais bien que moi et le braille on n’est pas très copains. J’ais beau essayer, je n’arrive pas à m’y mettre. J’ais l’impression que mes doigts aussi sont mal voyants ! CLAIRE - C’est pourtant pas si compliqué que ça le braille ; c’est juste une combinaison de six points ! Je suis sure que c’est psychologique ! NORBERT - Qu’est ce qui est psychologique ?  CLAIRE  - Que tu n’arrives pas à bien apprendre le braille. Je pense que c’est parce que tu refuse d’accepter ta cécité. Depuis cinq ans quand même... NORBERT - ( il chantonne la chanson de Brassens ) - Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on n'vois plus, on n'vois plus !   ! CLAIRE - D'accord, je me suis mal expliquée mais tu pourrais essayer de faire des efforts. NORBERT ( il s'énerve )-  Des efforts ? Mais j'arrête pas d'en faire des efforts : quand tu ne vois pas chaque chose que tu dois faire est un effort ! CLAIRE ( dubitative ) - M'ouais....tu peux me donner un exemple ? NORBERT - Les patates ! CLAIRE - ( étonnée ) - Les patates ? NORBERT -  Oui, l'épluchage des patates quand tu vois pas c'est tout un art ! Je t'explique : d'abord tu cherches  les patates. Tu mets 10 minutes à les trouver parce que tu ne te rappelle plus où tu as mis le sac. Ensuite tu prends l'économe pour les éplucher et tu ne le trouve pas dans le tiroir. Tu trouves tout sauf l'économe. Au bout d'un quart d'heure tu te rappelle que tu l'a rangé dans un autre tiroir pour qu'il  soit plus facile à trouver. Tu pose le tout sur la table. CLAIRE - Et après tu épluches les patates comme tout le monde. NORBERT - Ah non,pas du tout,  détrompe toi, pas comme tout le monde ! ( il mime les gestes ) Tu sors les  patates  du sachet. Tu les poses sur la table. Tu cherche l'économe sur la table. Comme tu ne le trouve pas tu pose la patate sur latable pour utiliser tes deux mains. Tu retrouves  l'économe et là, tu ne te souviens plus où tu as posé la patate. Tu pose l'économe pour chercher la patate et... CLAIRE ( elle rit ) - et après tu ne retrouve plus l'économe ! NORBERT - C'est ça ! Après, quand tu as réussi à avoir la patate dans une main et l'économe dans l'autre, surtout ne pas lacher la patate. Sous n'importe quel prétexte tu ne doit surtout pas lacher la patate ! CLAIRE - Et pourquoi il ne faut pas lacher la patate ? NORBERT - Parce que si tu la pose tu vas encore être obligé de la chercher. Et là, si tu as déja épluché quelques patates il faut toucher toutes les patates pour savoir lesquelles sont les épluchées et lesquelles sont les pas épluchées. Après il faut que tu sélectionne ta patate à moitiè épluchée qui peut se trouver parmi les patates épluchées ou parmi les patates pasépluchées. CLAIRE - Quelle aventure ! NORBERT - Et c'est pas tout : quand tu as retrouvé ta patate à moitié épluchée... CLAIRE - Tu finis de l'éplucher ! NORBERT - Ah, non, ça serait trop facile ! Il faut que tu tâte la patate pour savoir où elle est épluchée et où elle n'est pas épluchée. CLAIRE - Tu chipote ! Ce n'est pas grave sie tu épluches deux fois un coté de ta patate !

NORBERT - J'ai horreur de gacher ! CLAIRE - Bon, j'admets !, tu as raison, je n'avais pas imaginé une telle difficulté pour un truc aussi simple. NORBERT - Pour en revenir à ta lettre : elle disait quoi ? CLAIRE ( contrariée ) - Je ne peux pas te le dire, il faut que tu la lise ! NORBERT - ça a l’air très mystérieux ton truc ! CLAIRE - Je crève de soif , je vais chercher un verre d’eau. NORBERT - Bouge pas, j’y vais ! ( il part dans la cuisine ) CLAIRE - Quel abruti ! Je viens chez lui pour savoir ce qu’il a pensé de ma déclaration d’amour et ce con là il n’a même pas lu ma lettre ! Je n’arrive pas à lui dire en face que je l’aime alors je pensais qu’en l’écrivant... NORBERT ( il revient avec un très grand verre d’eau, style photophore ) ) D’un autre coté, ta lettre ça ne devait pas être si important que ça si tu ne veux pas me dire ce qu’il y avait dedans ! Tiens, ton verre d’eau! CLAIR ( un peu désabusée ) - Tu as raison, ce n'était pas très important... NORBERT ( narquois ) - Tu imagines, ça aurait été  une déclaration d’amour on aurait loupé quelque chose ! CLAIRE - Justement, imagine que je sois amoureuse de toi ! NORBERT ( il éclate de rire ) - Alors, là, pas une seconde ! Ce n’est même pas envisageable, on est trop copains! Je ne sais pas moi... T’imagine pas Belle et Sébastien qui couchent ensemble ! CLAIRE - Je ne sais pas si c’est vraiment un bon exemple. ( elle regarde le verre ) Tu n’aurais pas encore plus grand comme verre ? Je t’avais demandé un verre d’eau, pas un aquarium !Tu n’as pas le poisson rouge qui va avec ? NORBERT - Y'en avait un mais un jour que j'avais très soif j'ai oublié. J'ai bu le verre d'eau et j'ai avalé  la bestiole. ( il retourne chercher son pantalon près du porte manteau.

Claire ( elle boit un peu d’eau ) - Tucherches quoi ? NORBERT ( il montre son caleçon ) - Tu n’as rien remarqué ? Tu n’as pas l’impression qu’il manque quelque chose? CLAIRE - En effet. Et pourquoi tu as mis une cravatte ?   Tu vas à un enterrement ? NORBERT ( hésitant) - Non, c’est que... C‘est que j’attends quelqu’un... Ou plutôt quelqu’une ! CLAIRE - Une assistante sociale qui vient pour ton handicap ? NORBERT - Non. Une gonzesse, une vraie. Pas pour mon handicap, pour faire crac crac ! CLAIRE ( assomée ) - Tu veux dire que... Que tu as rencontré quelqu’un ? NORBERT ( fier de lui ) - Eh ouais! Claire  - Tu l’as rencontrée où , Tu ne sors jamais. NORBERT ( fier de lui ) - Sur internet, grace à l’ordinateur que tu m’as offert ! ça m’a changé la vie cet ordinateur qui parle !  CLAIRE - J'aurais mieux fait de t'offrir des chocolats ! NORBERT - ça n’as pas l’air de te faire plaisir que j’ais rencontré quelqu’un ? CLAIRE ( de mauvaise foi ) - Si, si. Je cache ma joie, c’est tout. NORBERT - Tu fais ça très bien ! CLAIRE - Tu as fait comment pour trouver une nana sur internet ? NORBERT - Comme tous les mecs: j’ai tapé cochonne dans google ! CLAIRE( narquoise ) - Très drôle ! Je voulais dire : tu es allé sur quel site ? NORBERT - Rencontres standing.com, le site pour les célibataires D’exception ! CLAIRE (moqueuse) - Rien que ça ! NORBERT - C’est la Rolls des sites de rencontre ! CLAIRE - Je ne sais pas si dans ton cas tu n’aurais pas mieux fait de te limiter à la twingo ! Et tu as trouvé une célibataire d’exception ?  NORBERT - Tu ne crois pas si bien dire. Pour une exeption c'est une exeption : j’ai eu une seule réponse. CLAIRE (moqueuse) - Tu m’étonnes,avec ta tronche ! NORBERT - Tu te trompes, je n’ais pas mis de photo. J’ai essayé de faire un selfi mais j’ai pris le téléphone du mauvais coté. CLAIRE - Comment tu l’as su ? NORBERT - C’est ANNE SOPHIE, elle m’a dit que tant qu’à mettre une photo il valait mieux mettre la mienne plutôt que celle de mon mur! CLAIRE ( elle siffle d’admiration ) - Anne Sophie! Rien que ça ? C’est une bourge ? NORBERT - On peut dire ça comme ça ! Elle s’appelle Anne Sophie Pinder Muller, elle est directrice de la partie française de la banque Pinder Muller qui appartient à son père. CLAIRE - Et elle drague sur internet ? NORBERT - Elle n’a pas le temps d’aller en boite de nuit! CLAIRE  -  - J’aurai encore le droit d’aller te voir quand tu habiteras dans le seizième ou à Neuilly ?  NORBERT - C’est bizarre, j’ais vraiment l’impression que ça ne te fait pas plaisir! CLAIRE ( de mauvaise foi ) - Tu te trompes, je suis à la limite de l’extase !Et elle ressemble à quoi ta Anne Sophie ? NORBERT - Je n’en sais rien. CLAIRE - Pourquoi, tu ne l’as pas encore vue ? Pardon, tu ne l’as pas encore rencontrée ? NORBERT - Non !Je ne l’ai ni vue ni entendue. On a simplement communiqué par mails! CLAIRE - C’est balot ça . Et tu penses  la rencontrer quand ? NORBERT - Elle arrive ! CLAIRE - OK. Et elle arrive quand ? NORBERT - Tout de suite ! CLAIRE( surprise ) - Tout de suite ! Qu’est ce que ça veut dire ? NORBERT’ il s’énerve ) - Tu es idiote ou quoi ?Tout de suite c’est tout de suite ! ça veut dire qu’elle est dans sa bagnole et que suivant les embouteillages elle va arriver d’un instant à l’autre !ça fait trois mois qu’on correspond sur internet et là ça lui a pris d’un seul coup, elle a décidé de venir me voir! CLAIRE - Je ne comprends pas pourquoi tu t'énerves : ça devrait plutôt te faire plaisir qu'elle vienne ! NORBERT - Mais absolument pas! CLAIRE - Excuses moi, je suis peut être un peu lente à l'allumage, comme tu dis, mais là il faut que tu m'explique : Pourquoi après avoir dragué une nana pendant trois mois sur internet tu fais la gueule parce qu'elle vient te voir ?  ! NORBERT - Parce que Je suis dans la mouise. CLAIRE - Dans la quoi ? Norbert - La mouise, la galère si tu préfères ! Je ne suis pas prèt du tout ! CLAIRE - Qu’est ce que ça veut dire pas prêt ? Tu as tes règles ? NORBERT - Tu sais que tu es une comique toi ! Elle me prend à l'improviste et en plus je ne retrouve plus le pantalon de mon costard ! CLAIRE - Et alors ? NORBERT ( narquois, il imite Claire )Et alors... Tu veux que je la reçoive comme ça ? CLAIRE( moqueuse ) - Pourquoi pas, ça te donne un style !Ne t’inquiètes pas, je vais te le retrouver ton cache fesses ! NORBERT - Merci, il faut que je sois bien sapé . J’ai l’impression qu’elle est un peuprout – prout! CLAIRE - Prout – prout ?  NORBERT - Coincée du bulbe ! CLAIRE - Je vois le genre ! ( elle hésite ) Et tu lui as dit que tu es... Comment dire... NORBERT - Tu veux dire aveugle ? CLAIRE - C'est ça ! NORBERT ( narquois) - Tu pense que ça je ne l’ai pas mis dans mon profil !Quand tu veux vendre un camenbert, tu ne marques pas sur l’étiquette qu’il pue ! CLAIRE - Tu ne lui a pas dit, mais tu es un grand malade ! NORBERT - Je sais, donc il faut qu’on improvise un truc vite fait avant qu’elle arrive ! CLAIRE (moqueuse) - Je comprends maintenant pourquoi tu dis que tu n’es pas prêt ! Bon, ne stresse pas, c’est pas sur qu’elle arrive NORBERT ( intrigué ) - Pourquoi tu dis ça , CLAIRE - Elle peut encore avoir un accident!  NORBERT  - Ne déconne pas, c’est la seule qui m’a répondu ! CLAIRE - Je rigole ! Tu veux quoi , que je lui explique ? NORBERT - Non,j’ais une autre idée :comme tu es là on va en profiter pour faire un petit entrainement. J’aurais préféré qu’on ait un peu plus de temps pour le faire mais bon... CLAIRE - Un entrainement ! Tu veux que je couche avec toi pour t’entrainer ? NORBERT - Si tu le propose aussi gentiment! Non on a dit qu’on restait amis et franchement je prèfère ! CLAIRE ( un peu déçue) - Imagine un peu si on étais pas amis... NORBERT - Tu sais très bien que je n’ais aucune imagination. CLAIRE ( elle s’approche de NORBERT et l’embrasse dans le cou ) Je t’aime, NORBERT. NORBERT ( il repousse Claire ) - Arrète, ce n’est pas drole ! CLAIR ( un peu déçue) - Tu as raison : ce n’est pas drole dut tout ! ( petit silence ) Et tu lui a dit que tu faisais quoi à ta meuf ? ? Je suppose que tu ne lui a pas dit non plus que tu ne foutait rien ?  NORBERT - J’ai marqué quej’étais décorateur. CLAIRE - Décorateur ! N'importe quoi ! Et tu as sorti ça d'où ? NORBERT - RTL ! Il y avait une interview de Valérie Damidot qui expliquait comment maroufler. CLAIRE - Heureusement qu'ils ne passaient pas un match de foot  ; tu aurais mis que tu étais avent centre du PSG ! Et à part ça, tu lui en a raconté d’autres des bobards ! NORBERT ( hésitant) - Je me suis aussi inventé un bon salaire ! CLAIRE - J’hallucine !  C’est même plus du mensonge : c’est carrément de l’escroquerie !Tu n'a jamais un sou. Ton allocation pour la cécité te suffit à peine à vivre ! NORBERT - Je dois reconnaitre que si on me la supprimait je serais SDF ! CLAIRE - Et tu te présente sur internet comme un décorateur plein aux as et avec une vue de lynx ! NORBERT ( il s’énerve ) - Tu voulais que je mettes quoi : chomeur aveugle cherche femme fortunée pour se faire entretenir ? CLAIRE - Pas à ce point là mais maintenant il va falloir que tu assumes! NORBERT - Et c’est pour ça que j’ais besoin de ton aide ! CLAIRE  - Bien sur, c’est tout à fait normal ! ! ( petit silence. NORBERT est satisfait ) NORBERT - Merci, t’es sympa ! CLAIRE - Eh ben, non, je ne vais pas t’aider!  NORBERT ( surpris ) - Sans déconner, tu ne veux pas ? CLAIRE( elle fait semblant de s’énerver ) - Tu rigoles ou quoi, tu fais tes coups en douce et maintenant que tu es dans la mouise, qu’est ce qu’on fait, on demande de l’aide à sa meilleure copine! TaTriere Veller tu as réussi à la trouver tout seul et ben, tu de démerdes aussi pour l’accueillir tout seul ! NORBERT - Pinder Muller, pas Triere Veller ! CLAIRE - C’est pareil, tu peux même l’appeler Alka Selzer si tu veux! NORBERT ( désolé )Tant pis, je vais essayer de me débrouiller! CLAIRE - C’est ça ! Et roule un patin de ma part à la fille de Rockfeller, espèce d’escroc! ( Claire sort en claquant la porte )

 

ACTE 1   Scène 2 NORBERT ( il retourne chercher son pantalon ) - Espèce d’escroc. Faut pas abuser non plus, j’ai juste mis un meilleur emballage pour mieux vendre le produit, c’est tout !C'est pas de l'escroquerie c'est du merchandising ! Il est où ce foutu pantalon ?

( on sonne à la porte )   NORBERT - Merde, Anne Sophie ! ( il continue fébrilement à chercher le pantalon ) ( on resonne à la porte avec insistance ) NORBERT - Patientez un instant, s’il vous plait, j’arrive ! ( on tambourine violemment à la porte ) CLAIRE ( avec une voix de bourgeoise) - Ouvrez,Darling, j’ai commencé à me déshabiller et il fait très froid sur votre palier! NORBERT ( il se tourne vers la porte avec un air intrigué ) - Anne Sophie ? C’est vous ? CLAIRE ( toujours avec sa voix de bourgeoise ) - Bien sur que c’est moi, abruti ! Et vous voulez que je soit qui, le président de la république ?  Bon , vous l’ouvrez votre porte ou vous voulez que je la défonce à coups de pieds! NORBERT ( il va ouvrir la porte ) - Calmez vous, Anne Sophie, je vous ouvre. Claire entre dans la pièce. CLAIRE ( avec sa voix de bourgeoise ) - Ah, enfin, je commençais à me les geler sur votre palier! NORBERT (désolé) - Excusez moi, Anne Sophie, je suis désolée!  CLAIRE ( elle éclate de rire, elle reprend sa voix normale ) - Mon pauvre chou ! NORBERT -  Claire ? Alors, là, c'est pas drole du tout ! CLAIRE - Si, si, c’est très drôle, tu aurais vu  ta tête !( elle imite NORBERT ) Excusez moi, Anne Sophie, je suis désolé! Ben, mon vieux, heureusement que je suis revenue, y’a du boulot! NORBERT - Alors, tu es d’accord pour m’aider ? CLAIRE - Bien sur, , vieux nigaud, que je vais t’aider. Mais c’est juste pour me débarasser de toi ! NORBERT (soulagé) - Ah... Merci ! Viens ici que je t’embrasse ! CLAIRE - Non, c’est bon, garde tes microbes pour ta banquière !

ACTE 1 – scène 3 ( le téléphone de Norbert sonne. C’est une musique de Gilbert Montagné. NORBERT est tétanisé ) CLAIRE( doucement) - ça sonne ! ( NORBERT ne réagit pas ) CLAIRE ( elle crie) - ça sonne !  NORBERT ( il a la voix enrouée ) - C’est surement elle Répond, moi je ne peux pas !! CLAIRE - C’est peut- être une bonne nouvelle : si ça se trouve elle a changé d’avis. NORBERT - Ne parles pas de malheur, c’est ma dernière chance de ne pas finir mes jours tout seul. CLAIRE - Mais non,tu ne finiras pas tes jours tout seul, je suis sure qu’il existe de très belles poupées gonflables avec un mode d’emploi en braille !Il suffira juste que tu t’applique pour le lire, c’est tout !

 ( le téléphone sonne encor une fois. Claire l'attrape et le met dans la main de Norbert )

CLAIRE - Allez, répond  à ta chérie  ! Norbert ( il prend le téléphone et se racle la gorge. Il répond avec une petite voix ) - Allo... Oui, c'est moi ! Mais bien sur Anne Sophie que je vous attends.   Vous êtes dans les embouteillages ? C'est pas grave, prenez tout votre temps ! Mais non, Anne sophie je ne m'en fout pas ! J'ai dit prenez tout votre temps ? Vous avez du mal comprendre ; je voulais dire je vous attends impatiemment !  Je vous laisse, j'ais du boulot. Mais si, bien sur que je suis content que vous veniez ! Bon, allez, aur revoir ! Comment ça au revoir qui ? Ah, OK, d'accord, au revoir chérie ! ( il raccroche le téléphone ) CLAIRE - Elle n'a pas l'air commode ! NORBERT - Je t'avais prévenue : elle est un peu coincée du bulbe ! CLAIRE - Mon pauvre Norbert ! Tout comptefait  je ne regrette plus de t'avoir offert l'ordinateur : je sens qu'on va vien se marrer ! NORBERT - Bon, on reprend : on en étais où ? CLAIRE - On n'en était à rien. NORBERT ( paniqué ) - Ah, oui, c'est vrai, on avait pas encore commencé !  D'ailleurs on commence par quoi ? CLAIRE - Tout d'abord il faut organiser le camouflage de tes mensonges !  ( elle regarde attentivement NORBERT ) C’est vrai que tu ne fais pas tellement aveugle à part tes lunettes noires qui sont toute moches. Tu es obligé de les garder ? NORBERT - Non, c’est juste que ça fait mieux avec la canne blanche. C’est la tenue complète pour un aveugle ! CLAIRE - N’importe quoi ! Enlève-moi ces affreuses lunettes ! NORBERT hésite et enlève ses lunettes ) CLAIRE - Voilà ! Tu es beaucoup mieux comme ça ! T'as d'beaux yeux,tu sais !  Dommage qu’ils ne servent plus à rien ! NORBERT - C’est un peu comme les bibelots qu’on ramène de vacances : ça ne sert à rien mais ça rappelle de bons souvenirs. CLAIRE - Maintenant, pour qu’elle ne s’aperçoive de rien, il faut que tu prépares tes déplacements et tes gestes. Après je te fais confiance, comme tu connais bien les lieux tu devrais pouvoir faire illusion. NORBERT(inquiet) - C’est un peu gros quand même, tu ne crois pas ? CLAIRE - Laisse moi faire ! Attends, on va essayer, je sors et toi tu fais comme si c’était elle ! NORBERT (paniqué) - Arrète, on n’a pas le temps ! CLAIRE ( autoritaire ) - Si c’est comme ça tu te démerdes avec ta bourge. Moi, j’ais autre chose à faire ! ! NORBERT - Non, non, c’est bon, vas – y ! ( CLAIRE sort)  Acte 1, scène 4 On sonne à la porte, NORBERT se lève, se cogne contre la table basse. Il a mal. Il va ouvrir à CLAIRE en boitillant.   CLAIRE - Bonjour. NORBERT - Saloperie... CLAIRE - Sympa ta façon d’accueillir une nana ! NORBERT - C’est pas à toi que je parle, c’est à la table ! CLAIRE ( elle soupire ) - Mais, NORBERT, ça fait 5 ans que tu ne vois plus et que tu te cogne dans cette table ! NORBERT - Et alors, elle aussi elle devrait être au courant que je ne vois pas, depuis le temps ! CLAIRE - Bon,on recommence! CLAIRE sort et entre sans sonner. NORBERT qui était resté devant la porte la prend dans la figure. NORBERT ( raleur ) - Mais fais gaffe, tu pourrais sonner! Si ça continue c’est pas une banquière, c'est  une infirmière qu’il va me falloir! CLAIRE( elle rit) - Tu vois que ce n’est pas la peine de draguer pendant trois mois sur internet. Une bonne porte dans la gueule et hop, tu as une belle infirmière qui débarque chez toi !  NORBERT - Tu crois vraiment que c’est le moment de faire de l’humour ? CLAIRE - Tu as raison, , on perd le rythme ! On reprend ! Bonjour vous êtes NORBERT ? NORBERT Avec un ton lugubre et en se frottant le nez - Oui, bonjour madame. CLAIRE - Et pourquoi pas veuillez agréer l’expression de ma considération distinguée tant que tu y es ! Tu pourrais être un peu plus avenant T’es pas en train d’écrire aux impots !. NORBERT ( énervé ) Et tu veux que je dise quoi ?  Salut ma poule ? CLAIRE ( elle éclate de rire ) - Et pourquoi pas ! Peut être que ça lui décoincerait le bulbe ! NORBERT - On n’est pas là pour rire, je te signale que je m’entraine pour recevoir la femme de ma vie qui est en train d’arriver ! CLAIRE - OK, OK, stresse pas mon poulet! NORBERT ( complètement énervé ) - Je ne stresse pas ! Et ne m'appelle pas mon poulet, ça m’énerve !. CLAIRE - D’accord, mon poussin ! Bon, maintenant on fait un dernier test !  NORBERT ( surpris ) - Un dernier test, c’est-à-dire ? CLAIRE ( elle vient se mettre devant NORBERT ) - Embrasse moi ! NORBERT ( surpris ) - Quoi ? CLAIRE - Je voulais dire : embrasse la. Excuse moi je me prends au jeu ! NORBERT ( il donne un petit baiser sur la joue de Claire ) - Voilà! CLAIRE - Tu fais quoi ? Ce n’est pas une copine de maternelle que tu reçois, c’est la femme de ta vie ! Sur la bouche, le baiser! NORBERT - Tout de suite ? C’est pas un peu tôt ? CLAIRE - Mais non, c’est la mode. Maintenant quand tu es invité chez quelqu’un il n’y a plus de hors d’oeuvre, on passe directement au plat principal ! NORBERT - Si tu le dis ! ( il vise pendant un moment et embrasse Claire sur la bouche. Le baiser dure. NORBERT se reculebrusquement ) NORBERT - J’ai pas rèvé,, t’as mis la langue ?  CLAIRE - Pardon,excuses moi ! Je t’ai dit que je me prenais au jeu ! C’était pas bien ? NORBERT ( il réfléchit un instant ) - Si, si, c’était même très agréable. CLAIRE ( elle prend une voix charmeuse ) - Tu veux qu’on recommence , NORBERT ( il hésite un peu ) - J'hésite ! CLAIRE - Et pourquoi tu hésite ? NORBERT ( il s'énerve ) - Parce qu'ona pas le temps. On est à la bourre ! CLAIRE ( elle soupire ) - Et merde ! NORBERT ( comme si de rien n'était ) - Regarde si rien ne cloche;. CLAIRE (elle regarde autour d’elle ) - si !  Le décor ne va pas.  NORBERT - Qu’est ce qu’il a le décor ? CLAIRE - Justement il n’a rien ! Je rèves ou quoi ? Tu lui as dit que tu es décorateur et il n’y a rien comme décoration !Même ton cadre il est vide! NORBERT - j’ai du mettre la photo à l’envers ! Trop tard pour changer! CLAIRE - Si elle pose des questions tu n’auras qu’à inventer un truc; Je sais pas moi, tu dis que c’est du nihilisme ou un machin comme ça; Ah tiens, j’ai trouvé ! Tu n’auras qu’à dire que c’est du style minimaliste, ça sonne bien ! NORBERT ( dubitatif ) - Tu trouves ? CLAIRE - Passes moi ton téléphone, je vais regarder sur internet si ça existe !

( Norbert attrappe le téléphone et le tends à Claire )

CLAIRE ( elle tapote le téléphone ) -  Mi - ni ma - lisme... Ah, voilà : L’art minimal est un courant de l’art contemporain qui est apparu au début des années 60 aux États Unis, en réaction au lyrisme pictural de l’expressionnisme abstrait et en opposition à la tendance figurative et ironique du pop art. NORBERT - C'est un peu compliqué pour du minimalisme !   CLAIRE - Tu n'es pas obligé de donner des explications. tu dis juste le nom. Il y a de fortes chances qu’elle n’y connaisse rien. NORBERT ( il se gratte la tête et va s’asseoir dans le canapé) ) Je commence quand même à avoir un doute, elle va bien finir par s’en rendre compte que je raconte des bobards ! CLAIRE - Ne t’en fais pas, le principal c’est qu’elle morde à l’hameçon. Après... NORBERT - Après quoi ? CLAIRE - Après à toi de jouer! ( elle se dirige vers le porte manteau ) Bon, je vais chercher ton pantalon. Ce n’est pas que ça me gène de te voir en caleçon mais tu n’as pas de très beaux genoux! NORBERT ( il va s'assoir dans le canapé )Quoi, mes genoux ? Qu’est ce qu’ils ont mes genoux ? CLAIRE ( elle rit) - Ils sont moches, c’est tout ! Mais tout compte fait il vaut mieux avoir des genoux moches et une belle guele plutot que le contraire. C'est plus facile à cacher ! !( Claire se baisse derrière le canapé ) Ah, ça y’est, j’ai retrouvé ton futal !    Acte 2, scène 1

( on sonne à la porte ) NORBERT ( paniqé )- C'est Anne sophie ! CLAIRE - Ne bouge pas, je vais ouvrir! ( elle ouvre la porte. Elle a le pantalon de NORBERT à la main.  ,une femme entre, Elle a un attaché case à la main. Elle est habillé de façon très stricte ) A S 1- Bonjour Madame, vous êtes madame Hardal ? CLAIRE - Non, je suis une amie, ( elle insiste ) une très bonne amie ! NORBERT ( il se lève du canapé ) - Mais pas du tout, Claire, tu es une amie, une  simple amie,  ( il s'adresse à A S 1 ) - Y'a pas plus simple qu'elle ! - A S 1 - Vous m'en voyez ravie. Monsieur Hardal.  Vous êtes bien célibataire, n'est ce pas ? Vous l'avez indiqué dans votre profil.  NORBERT (( il se lève et se dirige vers A S 1 ) - Bien sur, ma chère, que je suis célibataire.   J'ai causé la cache ! CLAIRE - Tu as fait quoi  ? NORBERT - Je voulais dire j'ai coché la case. ( à A S 1 ) Excusez moi, c'est l'émotion ! CLAIRE ( elle s'adresse à A S 1 )- Il est très émotif. Il faut faire attention c'est un petit être fragile ! NORBERT - Ne raconte pas n'importe quoi ! ça arrive à tout le monde de se tromper. A S 1 - Tout à fait, monsieur Hardal. Mais, d'une part, que vous soyez émotif ne me concerne pas du tout et, d'autre part,   que vous ayez causé la cache ou coché la case, peu m'importe. Ce qui est important c'est que vous soyez célibataire. C'est une chose que je dois vérifier. NORBERT ( un peu gèné ) - C'est tout à fait normal ! Il y a tellement de gens qui racontent des mensonges sur internet. A S 1 - Si vous saviez, et j'ais horreur de ça ! Vous êtes bien monsieur Norbert Hardal ? NORBERT ( étonné )- Je vous le confirme. Vous voulez voir ma carte d'identité , ? A S 1 -  Non, je vous fais confiance ! Excusez moi mais c'est aussi une chose que je dois vérifier : une fois je me suis trompée de personne et ça a posé des problèmes ! ( petit silence ) Et j'ai horreur des problèmes ! NORBERT - Parce que vous rencontrez beaucoup de monde ? A S 1 - En ce moment je suis débordé : je fais au moins 4  visites par jour ! NORBERT ( surpris ) - 4  visites par jour ! Ah oui, quand même ! A S 1 - Vous êtes mon treizième cette semaine. CLAIRE ( à Norbert ) - C'est bon signe, le 13 ça porte bonheur ! A S 1  ( elle se tourne vers Claire ) - Excusez moi, madame, vous m'avez bien dit que vous êtes une simple amie de monsieur Hardal, c'est bien cela ? CLAIRE - C'est cela ! A S 1 ( elle se tourne  vers Norbert ) - Je peux vous poser une question indiscrète, monsieur Hardal ? NORBERT - Mais évidemment ma chère. Vous pouvez me poser toutes les questions que vous voulez ! A S 1 - Alors, expliquez moi ce que fait votre amie qui est une  "  simple "  amie avec votre pantalon dans les mains. NORBERT ( embèté ) - Effectivement ça peut prêter à confusion mais ce n'est pas du tout ce à quoi vous pouvez penser ! A S 1 - Je ne pense à rien, Monsieur Hardal. Je constate c'est tout ! NORBERT ( de plus en plus embèté ) - Effectivement, ça, on ne peut que constater. Je ne peux pas nier que je n'ais pas de pantalon ! D'un autre coté vous pouvez constater que je ne suis pas un menteur : je ne vous dis pas que j'ais un pantalon alors que je n'ais pas de pantalon ! A S 1 - Votre franchise vous honore, monsieur Hardal ! CLAIRE( elle vient au  secours de Norbert ) - C’est à cause du chauffage au sol ! A S 1 - Du chauffage au sol ? CLAIRE -Oui,c'est ça, du chauffage au sol : il transpire beaucoup des genoux! A S 1 (étonnée) - Et alors ? NORBERT (embêté) - Et alors ? Effectivement: et alors ! C’est une question qu’on peut se poser...  CLAIRE( elle vient à son secours ) - Et alors il faut qu’il aère ses genoux ! A S 1 ( pas convaincue ) - Et il se passe quoi s'il n'aère pas ses genoux ? CLAIRE - Je n'ose même pas vous le dire. ça peut être très grave : il fait de la transpirogeunousie ! NORBERT ( satisfait de la trouvaille de Claire ) C’est exactement ça,je fais de la transgénie ! CLAIRE - Transpirogeunousie ! NORBERT - Ils auraient pu trouver un nom un peu moins compliqué, je ne m'en rapelle jamais ! CLAIRE - Donc il préfère rester en caleçon ! A S 1 ( pas convaincue ) - C’est bizarre, je n’ai jamais entendu parler de cette maladie. NORBERT - C’est normal, on es seulement deux dans le monde à avoir ça : moi et un esquimau. A S 1 C’est fou ça ! Et il a les mêmes soucis que vous ? NORBERT - Non, lui c’est moins grave il n’a pas le chauffage au sol dans son igloo ! Bon,normalement  on n'est pas là pour parler de mes genoux A S 1 - Qui sont d'ailleurs relativement moches, si je puis me permettre ! CLAIRE ( à Norbert ) - Tu vois  ! Qu'est ce que je disais ! NORBERT ( il s'énerve ) - On pourrait peut être arrêter un peu de parler de mes genoux, ça n'a pas d'importance du tout ! A S 1 - C'est vous qui le dites ! Votre amie a dit que c'était grave ! NORBERT ( il s'énerve ) -  Faut pas abuser non plus. A part si je fais un infarctus du genou, je ne vais pas en mourir !  Et puis ça commence à bien faire. Est ce que je vous parle de vos genoux, moi ? A S 1 - Ne vous énervez pas, monsieur Hardal, je disais ça comme ça ! NORBERT - Excusez moi, je me suis emporté. Vous pouvez m'appeler Norbert si vous voulez, ça serait plus sympa ! A S 1 - J'ais horreur des familiarités.  NORBERT - Comme vous voulez ! Vous êtes venue suite à notre contact sur internet, non, alors parlons en si ça ne vous dérange pas ! A S 1 - Comme il vous convient ! Suite à ce contact je voulais vous rencontrer ! NORBERT ( flatté ) - C’est tout à fait normal. Moi aussi je préfère aller en magasin plutot que sur internet. J’aime bien tater un peu la marchandise avant d’acheter ! A S 1 ( surprise ) - TATER LA MARCHANDISE ? NORBERT ( il ne se rend pas compte ) - Oui, un peu comme pour un melon, quoi ! On tripote, on soupèse, on renifle. On tire un peu sur la queue... A S 1 ( ébahie ) - On tire sur la queue ?

NORBERT - Ouais, pour savoir si il est mur ! Vous comprenez ce que je veux dire ? A S 1 ( perplexe ) - Pas trop, c’est la première fois qu’on me compare à un melon ! Où puis je poser ma malette, s’il vous plait ? NORBERT - Il y a quoi dans votre malette ? Du linge de rechange ? A S 1( d’un ton sec) - Vous êtes un plaisantin, monsieur Hardal ! Ce sont mes outils de travail ! NORBERT - Parce que vous pensez travailler ici ?  A S 1  - Bien sur, vous pensez que je viens pour quoi , Pour prendre le thé ? NORBERT - Non, mais... A S 1 - Mais quoi ? NORBERT( il s’énerve ) - Comment « mais quoi « ? Vous êtes quand mêm  venue pour me voir, non A S 1 - C'est exact! NORBERT - Donc, c’est que je vous intéresse ? A S 1 - Il ne faudrait peut être pas abuser non plus ! NORBERT ( intrigué ) - Mais, alors, pourquoi êtes- vous là ? A S 1 - Disons que, après ce que vous m’avez raconté sur internet, je viens mener ma petite enquète. CLAIRE - La confiance règne ! A S 1 - Sachez, Madame, que je me méfie car on me raconte souvent des calembredaines !  NORBERT (inquiet) - Des calembredaines ? CLAIRE - C’est des conneries mais chez les bourges ! NORBERT ( à A S 1) - Alors, là, c’est pas mon style. Vous pouvez avoir totalement confiance en moi ! A S 1 - Une confiance aveugle, en quelque sorte... NORBERT ( rire nerveux) - C’est exactement ça ! A S 1 - Vous ne m’avez toujours pas dit où je peux poser ma malette !? NORBERT ( il s’énerve ) - posez la par terre on verra plus tard ! ( A S 1 pose son attaché case par terre ) NORBERT( il se calme) - Excusez moi, je manque à mes devoirs, j’ai oublié de vous embrasser. (il s’approche de A S 1 les bras tendus  mais elle se recule )   A S 1 - Je vous ai dit il me semble que j'ais horreur des familiarités ! Alors épargnez moi ces démonstrations buccales d'amitié ! CLAIRE - C'est vachement classe ! Moi j'appelle ça rouler un patin. NORBERT - ( à A S 1 ) Ne l'écoutez pas. Venez vous installer dans le canapé, s’il vous plait ! ( A S 1 reprend son attaché case. NORBERT veut mettre une main sur l'épaule de A S 1 mais il vise mal et lui met une main aux fesses ) A S 1 - Je vous signale que je ne suis pas un melon ! NORBERT ( surpris ) - Pourquoi vous dites ça ? A S 1 - Parce que vous venez de tater la marchandise ! Ou alors dois - je considérer cela comme une agression sexuelle ? NORBERT ( un peu gèné ) - Faut pas exagérer non plus ! Disons que c’était  un geste d’affection A S 1 - Monsieur Hardal, combien de fois devrais je vous dire que j'ais horreur des familiarités ? Vous êtes sourd ? NORBERT ( il rit ) - Non je ne suis pas sourd mais par contre je suis... CLAIRE ( elle interromp Norbert en criant ) - Si, si, il est sourd !Et con en plus ! NORBERT ( il soupire ) - Merci Claire, j'ai  frolé la boulette ! A S 1 - Je dois vous avouer que je commence à avoir du mal à suivre !. Pourriez vous, s'il vous plait m'indiquer l'emplacement des toilettes. Je souffre d'embarras gastriques. NORBERT - Manquait plus que ça ! A S 1 - Qu'est ce que vous dites ? CLAIRE - Il a dit c'est là bas ( elle montre la sortie ) Venez, je vais vous montrer.

( Claire et A S 1 sortent.  Norbert s'affale dans le canapé )  Acte 2, scène 2

 ( Claire revient )

CLAIRE - Mon pauvre Norbert, je crois que tu as raison ! NORBERT - Pourquoi ? CLAIRE - Pour être coincée du bulbe, elle est coincée du bulbe ! NORBERT ( il rit ) - à ce niveau là c'est même plus coincée du bulbe, c'est bloquée de l'oignon ! CLAIRE - Tu vas faire quoi ? NORBERT - Je vais insister. C'est la seule qui m'a répondu. Tu veux que je finisse ma vie tout seul ? CLAIRE - Pas forcément !  ( petit silence ) Cette nana c'est pas du tout ton style ! NORBERT - Et c’est quoi mon style ? CLAIRE - Une fille sympathique, proche de toi, qui t’aide beaucoup. Tu vois de qui je veux parler ? NORBERT ( il réfléchit un moment ) - Absolument pas! CLAIRE ( elle s’énerve) - Mais, bon sang, NORBERT, fais un effort. C’est pourtant évident ! NORBERT - Je sais que c’est un mauvais jeu de mot mais je t’assure que je ne vois pas du tout  Tu es vraiment bigleux, toi ! Bon, si c’est comme ça, je vais te le dire : la femme idéale pour toi c’est...

 Acte 2, scène 3 A S 1 ( elle revient ) - ça y'est. ça va mieux !  ( elle s'installe dans le canapé ) Est-ce que vous auriez quelque chose à boire ? J’ais une énorme soif  NORBERT - Une petite coupe de champagne ? J’en ai mis au frais. Il faut bien fêter notre rencontre ! A S 1 - Non, de l’eau, j'ais horreur de l’alcool !Et pas fraiche l’eau, je vous prie. J'ais horreur des boissons fraiches ! NORBERT ( il commence à faire la gueule) - Comme vous voulez. Je vais vous chercher un verre d’eautiède. ( Norbert  part dans la cuisine. Claire s'installe près de A S 1 dans le canapé )

CLAIRE - Vous n’avez pas eu trop de mal pour vous garer ?C’est toujours la galère dans le quartier! A S 1  - Vous savez le métro se gare assez facilement !Peu importe le quartier. CLAIRE - Vous n'êtes pas venue en voiture ? A S 1 - Je n’ais pas les moyens de me payer une voiture. CLAIRE - Vous plaisantez ! ça doit bien payer votre boulot. A S 1 - C'est vous qui le dites ! CLAIRE - Et je le pense ! La banque Pinder Muller c'est quand même pas une banque pour les fauchés ! A S 1 Pourquoi me parlez vous de cette banque ?  J’ai mon compte au crédit agricole. CLAIRE - C'est bizarre pour une directrice de banque d'avoir son compte dans une autre banque ! A S 1 - Qu'est ce que c'est que cette histoire ?  ? Je ne suis pas directrice de banque ! CLAIRE - Vous n'étes pas directrice de banque ?  ( petit silence )Di je comprends bien, vous aussi vous avez raconté des bobards sur internet ? A S 1 - Pas du tout ! Qu'est ce que vous racontez ? Je ne comprends rien à ce que vous dites ! CLAIRE - C'est ça, prends moi pour une idiote en plus !

NORBERT revient de la cuisine avec le photophore rempli d’eau. ) NORBERT( à Claire ) - Vous parlez de quoi ? CLAIRE - De compte en banque. NORBERT - Tu parles d'un sujet. Tu devrais parler d'autre chose,  tu es comme moi tu es toujours à découvert ! A S 1 - Vous êtes à découvert , NORBERT (  petit rire idiot puis il montre ses jambes nues ) comme vous pouvez le constater ! A S 1 - Pourrais je avoir mon verre d’eau, je vous prie ? NORBERT ( il tend le verre d’eau ) - Voilà. A S 1 ( elle regarde le verre avec étonnement  ) - Il est énorme ce verre ! NORBERT - énorme soif, énorme verre A S 1  ( elle boit un peu d'eau et s'adresse à Norbert ) - Pour en revenir à votre problème de genoux.. NORBERT -Qu'es ce qu'il y a encore ? Vous êtes une fétichiste des genoux ou quoi ? . A S 1 ( sèchement ) - Gardez vos idées de dépravations sexuelles pour vous, monsieur Hardal !C'est simplement que je n’ai pas vu  cela dans votre profil ! NORBERT - C’est normal, je ne l’avais pas mis! A S 1 ( elle prend son attaché case et sort un dossier. Elle le lit ) Voyons voir... Effectivement, ça n’y figure pas. Il y a un problème aux yeux mais pas aux genoux.  NORBERT ( étonné ) Un problème aux yeux !  Vous êtes sure ? Pourtant je n’avais rien mis ! A S 1 - C’est étonnant car ce dossier est une copie de ce que vous avez déclaré sur le site ! NORBERT - Vous pouvez enlever ce problème aux yeux, c’est une erreur! J'ai encore du... A S 1 - Oui, je sais, causer une mauvaise cache. Vous êtes quelqu'un de très distrait, monsieur Hardal ! NORBERT ( petit rire nerveux ) Disons ça comme ça ! Mais c'est quoi ce dossier ? Vous avez fait un dossier sur moi ? Vous êtes sacrément organisée, dites donc! A S 1 - Il faut ! Il y a tellement de gens qui racontent des mensonges. NORBERT (faussement) - Ah oui ? C’est pas bien ça ! A S 1 ( elle regarde le tableau blanc sur le mur) - Il est étonnant ce cadre sur le mur! NORBERT - Pourquoi étonnant ? A S 1 - Il est vide ! Vous n'êtes pas au courant ? NORBERT ( embèté ) - Si, si ! En fait il n'est pas vide ! C’est un tableau de Gilbert Montagné ! A S 1 ( étonnée ) - Il n'y a rien ! NORBERT - C'est normal : il peint ce qu'il voit !  A S 1 ( elle se lève et s’approche du tableau et le regarde de près) - Je vous fais confiance, il n’est pas signé. NORBERT - Il signe souvent à coté ! A S 1 - Effectivement, quand on ne voit pas on vise moins bien ! Je ne savais pas qu'il peignait, Gilbert Montagné NORBERT - Lui non plus ! A S 1 ( elle retourne s'installer dans le canapé  et regarde autour d'elle ) - C'est un peu tristounet chez vous, monsieur  Hardal, ça manque de décoration ! NORBERT ( - Pas du tout, c'est du... du... du... de l'absencionisme ! A S 1 - De  l'abscencionnisme ? CLAIRE - Il plaisante, c'est du  minimalisme. Norbert est décorateur d'intérieur et c'est son style préféré. NORBERT - Tout à fait ! Moins y'en a , mieux c'est ! A S 1 - Décorateur d'intérieur ! Il me semble que ce n'est pas ce qui est marqué dans votre profil ! NORBERT - Vous chipotez un peu. J'ai peut être oublié de préciser d'intérieur mais j'ai marqué décorateur ! A S 1 - J'ais un doute. Attendez, je reprends  votre dossier. ( elle attrappe le dossier ) NORBERT ( il s'énerve ) - Vous ne pourriez pas le lacher un peu votre dossier ? Vous m’avez dit dans votre SMS que nous  allions passer aux choses sérieuses. Donc je vous écoute ! A S 1 ( surprise ) - Mon SMS ? Quel SMS ? NORBERT ( il s’énerve) - ça commence à bien faire ! Je sais bien qu’en amour il faut des préliminaires mais là ça  dure un peu ! Vous m’avez envoyé tout à l’heure un SMS dans lequel vous me disiez que vous sautiez dans votre voiture pour venir me voir! A S 1 - Mais qu'est ce que vous avez avec cette voiture ? J'ai déja dit tout à l'heure à votre amie que je n'ais pas de  voiture ! NORBERT il se gratte la tête )Vous n'avez pas de voiture ? Il y a un truc qui cloche ! ! Mais vous cherchez bien un mec, non ? A S 1 ( elle éclate de rire ) - Alors, là, pas du tout!Je suis très bien toute seule ! NORBERT ( il ne comprend plus rien ) - Je crois qu'il y a un problème ! CLAIRE - Laisse tomber, c'est une mytho ! Elle n'est pas non plus directrice de banque ! NORBERT ( à Claire ) N'en rajoute pas ! Je sais bien que ça te contrarie que j'aie rencontré quelqu'un mais... A S 1 - Elle a raison  : je ne suis pas directrice de banque ! CLAIRE ( triomphante ) - Et voilà le travail ! On veut faire joujou tout seul sur internet et on se fait avoir ! NORBERT ( désabusé à  A S 1 ) - Vous êtes bien Anne Sophie ?

 Acte 2, scène 4

( le téléphone sonne, Norbert décroche, un peu énervé )

NORBERT - Allo ! C'est qui ? Anne sophie ! Vous êtes en bas de chez moi; vous cherchez une place pour vous garer ! CLAIRE ( à A S 1 ) - C'est ce que je disais : c'est pas facile de se garer dans le quartier ! NORBERT ( au téléphone ) - Le code ? 1664. Oui, à tout de suite ! ( il se tourne vers Claire ) C'était Anne Sophie ! CLAIRE - J'ai entendu;Mais alors l'autre c'est qui ? NORBERT ( il s'adresse à A S 1 ) - C'est vrai ça, vous êtes qui, vous, si vous n'êtes pas Anne sophie ?  Vous pouvez me dire ce que vous foutez chez moi ? A S 1  - Je peux! Je m'appelle Lucette Chotard, je suis inspectrice de l’action sociale ! NORBERT? - De l’action sociale ? A S 1 - Parfaitement ! Et je viens pour le renouvellement de votre allocationconcernant votre handicap visuel suite au dossier que vous avez déposé sur internet. NORBERT ( hébété ) -  Une inspectrice de l'action sociale ! A S 1 - Monsieur Hardal, vous avez bien fait une demande de renouvellement de votre allocation sur internet  ? Ou alors dois je considérer que vous avez encore coché la mauvaise case ? NORBERT ( penaud ) - Non, non, j'ai bien coché mais j'avais oublié ! A s 1  - Vous nous faites peut être un petit début d'Alzeimer, Monsieur Hardal ! Je vais le rajouter dans votre dossier. Par contre, en ce qui concerne votre cécité, je décide de ne pas renouveler  votre allocation et estimez vous heureux que je ne porte pas plainte pour escroquerie ! NORBERT ( surpris ) - Escroquerie , Mais pourquoi ? A S 1 - Ne me prenez pas en plus pour une imbécile ! Vous avez déclaré sur internet que vous êtes aveugle et vous  m'avez démontré que vous voyez très bien ! NORBERT - C’est parce que je pensais que vous étiez Anne  Sophie! A S 1 - Parce que votre vue change en fonction des personnes qui sont devant vous ? NORBERT - Laissez moi vous expliquer. En fait c'est à cause d'Anne Sophie.  Comme sur internet ça ne se voit pas que je ne vois pas, j’ai fait comme si je   voyais et donc comme je n’avais pas mis que je ne voyais pas il ne fallait pas que ça se voie que je ne vois pas.( petit silence ) Si vous voyez ce que je veux dire ! A S 1 - Ce que je vois surtout c’est que vous êtes un fraudeur manipulateur, monsieur Hardal !Vous avez en outre déclaré que vous étiez  chomeur alors que vous êtes décorateur d'intérieur ! NORBERT - Je  peux tout vous expliquer ! A s 1  - Allez y, Monsieur Hardal, j'attends !  NORBERT - Si ça ne vous dérange pas vous pourriez repasser une autre fois ?  J'attends la femme de mavie. Elle est en bas de l'immeuble !

( Il fait relever A S 1  et la pousse vers la porte.

A S 1 ( surprise ) - Je pourrais avoir ma malette ? CLAIRE ( Elle remet le dossier dans la malette et la donne à A S 1. CLAIRE - Voila, madame Chotard. ! ( Norbert pousseA S 1  dehors  )

NORBERT - Au revoir, madame Chotard, on reprend rendez vous !

- A S 1 - Mais, monsieur Hardal, le dossier... ( Norbert claque la porte )  Acte 2, scène 5

NORBERT - Bonjour l'angoisse ! ! Pendant un moment j'ai cru que c'était elle que j'avais dragué sur internet. Bon, maintenant on va accueillir la vraie Anne Sophie ! CLAIRE - "  TU "  va accueillir la vraie Anne Sophie ! C'est toi le célibataire en mal d'amour ! NORBERT - Tout de suite les grands mots ! J'en ais juste marre d'être tout seul, c'est tout !  C'est fou, ça ! On dirait que toi, tu n'as pas de sentiment ! CLAIRE - Je vais te faire un certificat pour madame Chotard ! NORBERT - Pourquoi ? CLAIRE - Parce que c'est vrai que tu es vraiment aveugle !

( On sonne à la porte )

NORBERT - C'est elle !

( il ne bouge pas. On resonne à la porte )

CLAIRE -ça sonne !Tu es aveugle, il me semble, pas sourd ! NORBERT ( il ne bouge toujours pas ) - Ah oui, ça sonne ! CLAIRE - Alors, qu'est ce que  tu attends , NORBERT-  J'y vais. ( il prend une gtrande respiration et va ouvrir. Lucette Chotard entre ) NORBERT - Bonjour ma chérie, je me languissais vraiment de vous rencontrer ! A S 1  -  Il faudrait savoir ce que vous voulez, monsieur Hardal !  Tout à l'heure vous me jetez dehors sans ménagements et maintenant vous m'appelez ma chérie ! Vous voulez qu'en plus de vos problèmes de genoux, de surdité  et d'Alzeimer je rajoute dans votre dossier que vous êtes bi - polaire ? NORBERT ( agacé ) - Foutez moi la paix avec votre dossier ! Pourquoi êtes vous revenue , CLAIRE - Elle est peut être tombée amoureuse de toi ! A S 1 - J'ais horreur de l'amour. C'est un sentiment inutile ! CLAIRE - Vous avez raison, madame Chotard.  Il  n'y a que Norbert qui y croit encore ! NORBERT ( énervé ) Oh, toi ça va !Moi, j'essaye de donner un sens à ma vie !  ( à Lucette ) Et vous, si ça vous plait de vivre seules c'est votre problème ! A S 1 - Détrompez vous, monsieur Hardal. Je ne vis pas seule ! CLAIRE ( étonnée ) - Ah ! Et il s'appelle comment votre vompagnon ? A S 1 - François Hollande ! CLAIRE - Noooooon ! A S 1  - Il est adorable ! On ne dirait pas quand on le voit mais qu'est ce qu'il est affectueux ! CLAIRE - Je savais que c'était un homme à femmes mais à ce point là... A S 1 - Dommage qu'il perde un peu ses poils ! CLAIRE - C'est vrai, il devrait faire quelque chose. sinon il va finir complètement chauve. A S 1  - Ne vous inquiétez pas, ses poils repoussent au printemps. CLAIRE - Ses poils repoussent ? A S 1  - Oui, comme tous les chats ! CLAIRE ( elle rit )- Parce que François Hollande c'est votre chat ! A S 1  - Le chat de madame Michu, ma voisine, s'appelle Sarkozy alors moi j'ai appelé le mien Hollande.  ça fait rire tout le monde dans l'immeuble ! NORBERT ( à Lucette ) - C'est des comiques  dans votre immeuble ! Qu'est ce que vous foutez là, madame Chotard ?Je suppose que vous n'êtes pas revenue uniquement pour nous parler de votre chat ? A S 1 - Je vous explique : j'étais presque arrivée au métro quand j'ai pensé à Roberte. NORBERT - C'est normal ! Moi aussi je pense souvent à Roberte quand j'arrive au métro. A S 1 - Roberte, c'est ma collège. CLAIRE - ça nous fait vraiment plaisir de le savoir ! NORBERT - Et quel rapport y a t'il entre le fait que vous pensiez à Roberte en arrivant au métro et le fait que vous reveniez me voir ? A S 1 - Roberte est en vacances la semaine prochaine ! NORBERT - Je suis content pour elle. Et quel rapport avec moi ? A S 1 - Quand Roberte est envacances c'est moi qui la remplace au standard. NORBERT - Je ne vois toujours pas le rapport ! A S 1  ( elle commence à  s'énerver ) - C'est pourtant évident ! NORBERT - C'est bon, accouchez, la femme de ma vie arrive d'un instant à l'autre ! A S 1 - Attention, monsieur Hardal, restez correct ou je supprime votre allocation ! NORBERT - Pardonnez moi, madame Chotard ! ( il s'énerve à nouveau ) Mais venez en au but : qu'est ce que j'ai à voir avec Roberte ? A S 1 - Vous pourriez réfléchir un peu de temps en temps, monsieur Hardal ! Si je remplace Roberte au standard je ne pourrai pas repasser vous voir pour remplir votre dossier. Donc il faut que je le fasse tout de suite ! NORBERT - C'est vraiment obligatoire ? A S 1Vous voulez que je supprime votre allocation ? NORBERT - Non, non, ne faites pas ça ! On va le remplir votre dossier. Mais promettez moi que si Anne Sophie arrive bous ne dites plus rien.    Je la reçoit, je l'expédie vite fait et après je suis à vous ! A S 1 - C'est inadmissible ! Je ne suis pas d'accord du tout ! NORBERT - S'il vous plait, madame Chotard, ne me supprimez pas mon allocation ! A S 1  - Mais ce n'est pas cela dont il s'agit : je ne suis pas d'accord avec la manière dont vous allez expédier cette femme, comme vous dites ! Je suis fémministe et j'ais horeur  qu'on manque de respect à une femme NORBERT ( il soupire ) Elle est féministe. Manquait plus que ça !  ( Il pousse Lucette Vers le canapé ) Installez vous là. On va remplir le dossier !

( Lucette s'assoit dans le canapé et sort le dossier de sa malette. Norbert vient s'assoir près d'elle. Claire part dans la cuisine )

A S 1 - Bon, où en étions nous ? NORBERT - Jen sais rien mais vous pouvez cocher toutes les cases . Je suis au chomage, je suis aveugle,je suis sourd j'ais les genoux en piteux état, j'ai la maladie d'Alzeimer et je suis bi - polaire. ça devrait suffir pour l'allocation, non ? A S 1  - Pas si vite, monsieur Hardal ! Il faut prendre les choses une à une. Tout d'abord vous êtes aveugle. Il y a une case " oui " et une case " non ". Je coche laquelle ? NORBERT - Oui, évidemment ! A S 1  - Évidemment, évidemment.. C'est vide dit. Depuis que je suis arrivée ça change tout le temps. Bon, admettons ! Case suivante : je ne travaille pas. Je coche oui ou non ? NORBERT - Cochez oui. A S 1 - Donc, vous n'êtes pas décorateur d'intérieur ? NORBERT ( il s'énerve ) - Mais bien sur que non ! A S 1 ( elle regarde autour d'elle ) - Pourtant votre appartement est superbement décoré ! NORBERT ( étonné ) - Il n'y arien ! A S 1 - Justement c'est très minimaliste ! NORBERT ( énervé ) - Vous laissez tomber le minimalisme et vous cochez la case oui, je sui au chomage ! A S 1 - C'est vous qui voyez !

( on sonne à la porte )

NORBERT - Ce coup ci c'est Anne Sophie ! CLAIRE  ( de la cuisine ) - Ne bouge pas, Norbert, je vais ouvrir !  NORBERT ( à Lucette ) - Vous, vous ne dites plus rien ! A S 1 - Mais, le dossier... NORBERT   - On s'en fout du dossier ! A S 1  ( elle se lève ) - Très bien ! Donc je supprime votre allocation. NORBERT ( il repousse Lucette dans le canapé ) - Non, tout compte fait on ne s'en fout pas ! A S 1  - Vous êtes vraiment compliqué, monsieur Hardal ! Rappelez moi de cocher la case bi polaire !

 Acte 3, scène 1 ( Claire ouvre la porte. Une femme entre. Elle porte une malette à la main )

ANNE SOPHIE ( à Claire  avec un air autoritaire ) - Bonjour madame. je pense que je me suis  trompée d'appartement. Je cherche monsieur Norbert Hardal. CLAIRE - Non, non, vous ne vous êtes pas trompée. C'est bien ici. ANNE SOPHIE - OK, alors vous êtes surement la bonne  ! CLAIRE ( mutine ) -Et vous pouvez m'appeler Conchita si vous voulez ! ,Autrement, si on met de coté vos préjugés bourgeois, je suis Claire: l’amie de NORBERT. NORBERT ( énervé, il se lève du canapé) ( il s’adresse à ANNE SOPHIE ) C’est une amie, une simple amie. Je suis célibataire ! A S 1  - Je confirme : il a coché la case ! ANNE SOPHIE ( à Norbert ) - Je constate   que j'arrive trop tard. A ce que je vois,  il y a déja une autre prétendante, ! ( elle repart vers la porte )

NORBERT ( gèné ) - Mais pas du tout ! pourquoi dites vous qu'il y a une autre  prétendante ? ANNE SOPHIE - Cette dame vient de dire que vous avez coché la case célibataire , non ? NORBERT - Effectivement ! ANNE SOPHIE - C'est donc que vous l'avez contactée sur le même site de rencontre que moi !( elle pose la main sur la poignée de la porte  ) Je vous laisse. Je déteste la concurrence ! Adieu Norbert ! NORBERT ( embèté ) - Attendez !  Vous faite fausse route. Ce n'est pas du tout ça ! C'est... C'est... CLAIRE - C'est une réunion Tuperware ! ANNE SOPHIE ( surprise, elle revient dans la pièce ) - Une réunion Tuperware  ? NORBERT (  -  Oui, j'adore organiser des réunions Tuperware. C'est mon coté féministe. A S 1 - Il est ttrès féministe. Il expédie les femmes mais il est féministe ! NORBERT ( à Lucette ) - Madame Chotard, je vous ai demandé  de la fermer ! A S 1 ( boudeuse ) - Si on ne peut plus rien dire ! Pour un féministe vous ne laissez pas beaucoup parler les femmes ! ANNE SOPHIE - Et  je trouve de surcroit très étrange pour un féministe d'organiser des réunions Tuperware qui sont un hymne à l'avilissement de la femme par l'objet ménager ! A S 1 - Exactement ! NORBERT - OK, OK, la prochaine fois j'organiserai une réunion sex toys. A  ce qui parait c'est à la mode en ce moment ! ANNE SOPHIE - Pardonnez moi, Norbert, mais pourquoi faut il que vous précisiez  que vous êtes célibataire pour organiser vos réunions Tuperware ? NORBERT ( gèné ) - C'est que... j'ai pas vraiment précisé... J'ai juste coché la case ! CLAIRE - C'est obligatoire chez Tuperware ! ANNE SOPHIE - Qu'est ce qui est obligatoire ? CLAIRE - D'être célibataire ! C'est pour apater la cliente. Comme ça  elle peut espèrer repartir avec sonbol en plastique et le vendeur en prime ! ANNE SOPHIE - Ce n'est pas très féministe ça ! NORBERT - Non, c'est américain ! 

( Anne Sophie  regarde le caleçon de Norbert ) ANNE SOPHIE - C'est aussi les américains qui vous demandent d'enlever votre pantalon ? Moi, un homme qui commence à se déshabiller devant deux femmes j'appelle ça une partouze, pas une réunion Tuperware ! NORBERT (gèné ) - Mais non, ce n’est pas ça du tout! Si je suis en caleçon c’est que... C’est que... A S 1 - C’est parce qu’il transpire des genoux!C’est une maladie très grave mais c'est  rare. Il n’y a que deux cas dans le monde : lui et un indien !- NORBERT - Un esquimau ! CLAIRE - Chipote pas !Un indien c’est juste un esquimau avec des plumes! ANNE SOPHIE ( dubitative ) - Une maladie grave. C'est embètant ça ! A S 1 - Il peut même mourir d'un infarctus du genou ! ANNE SOPHIE ( elle se dirige vers la porte ) - Bon, je crois qu'on va en rester là : je ne supporte pas la maladie ! ( NORBERT ( il  s’approche d’ANNE SOPHIE ) - Ne l'écoutez  pas, elle dit n'importe quoi ! ( à Lucette ) - Madame Chotard, pour la dernière fois je vous demande de la fermer ! Continuez à remplir votre dossier et bouclez la ! C'est compris ? A S 1  ( vexée ) - Ce que je comprends c'est que je vais vous supprimer votre... CLAIRE ( très gentille ) - Non, excusez le, madame Chotard ! Vous voulez un verre d'eau tiède ? A S 1 ( boudeuse ) - Je n'ais pas soif ! NORBERT( à Anne Sophie ) - Je vous présentes mes excuses, nous n'avons même pas fait les présentations !Vous êtes Anne Sophie Pinder Muller ? ANNE SOPHIE - C'est cela ! NORBERT ( il se racle la gorge ) - Je me languissais de vous rencontrer ! ANNE SOPHIE - Je vous remercie mais n'en faites pas de trop quand même ! A S 1  - Ne vous en faites pas : il dit ça à tout le monde ! C'est exactement ce qu'il m'a dit quand je suis revenue. Et en plus, moi,  il m'a appelée ma chérie ! ANNE SOPHIE ( surprise ) - Qu'est ce que c'est que cette histoire ? NORBERT ( énervé, à Lucette ) - Je ne vous avais pas dit de la fermer, vous ? A S 1  ( vexée ) - Attention, monsieur Hardal ! Vous voulez que je supprime l'allocation ? NORBERT ( Non, non, madame Chotard !  Vous voulez un verre d'eau tiède ? ANNE SOPHIE ( très énervée ) - Norbert, j'exige des explications ! NORBERT - Quelles explications ? ANNE SOPHIE - Pourquoi appelez vous cette femme " ma chérie "  et qu'est ce que c'est que cette histoire d'allocation ?Vous touchez une allocation pour quoi ? NORBERT ( il soupire )- ça fait beaucoup, ça ! ANNE SOPHIE - Beaucoup ? NORBERT - Deux questions à la fois c'est un peu trop pour moi ! ANNE SOPHIE - OK ! Je vais sérier les problèmes. Première question : qu'est ce que c'est  cette allocation ?

NORBERT ( embèté ) -  Tout compte fait une seule question c'est pas beaucoup plus facile que deux !

ANNE SOPHIE - Alors, j'attends !

CLAIRE - Excusez moi, madame Triaire Veller...

ANNE SOPHIE ( sèchement ) - Pinder Muller !

CLAIRE - C'est pareil !  Je vous précise que madame Chotard a parlé de la location, pas de l'allocation !

A S 1  - Mais pas du tout !

CLAIRE ( elle hausse le ton ) - Madame Chotard, maintenant vous vous taisez ou je vais immédiatement chez vous zigouiller François Hollande !

ANNE SOPHIE ( étonnée, à Norbert ) - Elle ne fumerait pas des substances illicites, votre amie ?

NORBERT ( il soupire ) - Non mais elle devrait !

CLAIRE - Madame Chotard parlait de la location.

ANNE SOPHIE ( suspicieuse )- Vous pouvez me dire, mon cher Norbert, ce que vous loue cette dame ?

NORBERT - C'est toujours la première question ?

ANNE sophie ( elle s'énerve ) - Qu'est ce que vous loue cette femme ?

norbert - Vous savez,on pourrait changer de sujet,  ce n'est pas très important !

ANNE SOPHIE ( encore plus énervée ) - Pour la dernière fois, Norbert, qu'est ce que vous loue cette personne ?

CLAIRE - Sa perceuse.

ANNE sophie ( stupéfaite ) - Sa perceuse.

NORBERT - C'est ça, sa perceuse ! 5( il mime le mouvement et le bruit d'une perceuse )

ANNE SOPHIE - Et pourquoi Madame voue loue t'elle sa perceuse ?

NORBERT - Pour faire des trous ! ( petit silence

A S 1 - Il y a un problème, monsieur Hardal !

NORBERT - Madame Chotard, ne me parlez plus de votre dossier pour le moment, s'il vous plait !

A s 1 ( Ce n'est pas de ça dont il s'agit, monsieur Hardal !

NORBERT ( il s'énerve ) - Alors de quoi s'agit il ?

A S 1 ( elle hésite un peu ) - C'est que... Je n'ais pas de perceuse !

NORBERT - Ah !  Effectivement c'est embètant !

A S 1 ( penaude ) - Je suis désolée.

NORBERT ( il se reprend ) - Ce n'est pas grave, madame Chotard ! C'est justement pour ça que j'ai organisé cette petite réunion Tuperware : pour que vous ne soyez pas venue pour rien !  ( à Anne Sophie ) Voilà,c'est fait pour la location ! ça vous convient comme réponse ?

ANNE SOPHIE ( pas convaincue ) - Admettons. ( petit silence ) Mais vous oubliez la deuxième question : pourquoi appelez vous Madame " ma chérie " ?

NORBERT - Otez moi d'un doute : vous êtes venue  pour un rendez vous galant ou pour une garde à vue ?

ANNE SOPHIE ( sèchement ) - Reconaissez, cher Norbert, qu'il se passe de drôles de choses ici !

NORBERT - Vous trouvez ?  Pour répondre à votre question : j'appelle Madame Chotard " ma chérie " parce que c'est une personne que j'apprécie énormément !

A S 1 - Ce n'est pas la peine d'essayer de me flatter, monsieur Hardal.  C'est inutile :ça ne changera rien !

ANNE SOPHIE - ( à Norbert ) - C'est vrai, ce n'est qu'une perceuse après tout !  Où  puis je poser ma malette, s'il vous plait ?

NORBERT - Il y a quoi dans votre malette ?

ANNE SOPHIE - Des dossiers.

NORBERT - Et merde, ça recommence !

ANNE SOPHIE - Que dites vous ?

NORBERT - Rien ! Vous êtes bien directrice de banque ?

ANNE Sophie ( surprise ) - Bien sur, pourquoi ?

NORBERT - Vous n'êtes pas venue en métro ?

ANNE SOPHIE ( elle rit ) - Vous plaisantez ! Ma Porche est garée en bas de chez vous !

NORBERT - Et vous n'avez horreur ni de l'alcool, ni des familiarités, ni de l'amour ? ANNE SOPHIE  - Absolument pas !Mais pourquoi me posez vous  toutes ces questions ? NORBERT ( il soupire ) -  Parce qu'on est jamais trop prudent ! A S 1 - ça c'est vrai ! ANNE SOPHIE (sèchement ) - Quand vous aurez terminé vos formalités nous pourrons peut être vommencer ? Je suis un peu pressée ! NORBERT - Bien sur ! Je comprends que  vous soyez  impatiente ! ANNE SOPHIE ( sèchement ) - Pas du tout ! C'est simplement que j'ai un conseil d'administration dans deux heures. Je ne voudrais pas être en retard à cause d'un rendez vous sans importance ! NORBERT - Sans importance, c'est vite dit ! L'amour c'est quand même plus important que l'argent, non ? ANNE SOPHIE - Chacun ses priorités, Norbert ! Je suis banquière. NORBERT - Je trouve que pour une banquière vous n'êtes pas une très bonne gestionnaire ! ANNE SOPHIE ( surprise ) - Pourquoi dites vous cela , NORBERT  Parce que l'argent quand on le partage il y en a moins tandis que l'amour s'il est partagé il y en a plus !

ANNE SOPHIE - Vous êtes un doux rêveur, Norbert : l'amour est volatile.   l'argent on peut le garder dans un coffre, pas l'amour ! ! Ou puis je poser mon attaché case ? NORBERT - Posez le par terre Et installez vous dans le canapé ! (Anne Sophie pose sa malette;  Norbert  lui met involontairement une main aux fesses  en voulant lui montrer la direction du canapé .) ANNE SOPHIE - Dois - je considérer cela comme une maladresse ? NORBERT- Non, non, ce n’est pas une maladresse, c’est une main aux fesses !  Mais c'est comme notre rendez vous : c'est sans importance ! ANNE SOPHIE ( elle s'installe dans  le canapé, elle regarde autour d'elle  ) - Je trouve que ça manque un peu de décoration chez vous ! NORBERT - C'est normal, c'est parce que je ne vois pas ! ANNE SOPHIE - Vous ne voyez pas  ? NORBERT ( rire nerveux ) - Si,si, je vois très bien ! A S 1 ( elle prends le dossier ) - C'est pas possible, ça change tout le temps ! Je vais être obligée de refaire un autre dossier, c'est plein de ratures ! NORBERT - Je voulais dire : je ne vois pas ce que j'aurais pu mettre d'autre. C'est très bien comme ça ! CLAIRE(elle vient à l’aide de NORBERT ) Il plaisante,en fait c’est une décoration très branchée. ANNE SOPHIE - C’est vrai que vous êtes décorateur ! A S 1  ( elle reprend le dossier ) - Et voila, ça change encore ! Monsieur Hardal, je vous préviens, il va falloir vous décider parce que sinon on ne verra plus les cases ! ANNE SOPHIE - C'est quoi comme style cette décoration ? Norbert ( un peu prétentieux ) - c’est du minimalisme. Vous ne pouvez pas comprendre, il faut être spécialiste pour apprécier vraiment. ANNE SOPHIE - Je connais  ! L’art minimal est un courant qui est apparu au début des années 60 aux États Unis, en réaction au lyrisme pictural de l’expressionnisme abstrait et en opposition à la tendance figurative et ironique du pop art. NORBERT (ébahi) - Voila, voila, voila.... Nous voila bien ! ANNE SOPHIE - J’adore l’art contemporain. Je vais tous les ans à la FIAC !  NORBERT - Ils font de l’art contemporain à la FNAC ? ANNE SOPHIE ( sèchement )  - Votre plaisanterie  est d'un gout  douteux, Norbert !  La FIAC : foire internationale d'art contemporain. Cette année j'ai acheté un Takashi Murakami. Vous aimez ? NORBERT -  Stekachi  Kawazaki ? Non ! J'ais horreur de tout ce qui est japonais; j'aime pas non plus  les suchis ! ANNE SOPHIE- Qui est votre peintre préféré ? NORBERT ( il réfléchit ) - Miro

ANNE SOPHIE ( Elle regarde encore autour d’elle )Il est mignon votre petit studio,. Je présume que c'est votre garçonnière ? NORBERT - Ma garçonnière ? ANNE SOPHIE - Je suppose que vous avez un appartement plus grand dans les beaux quartiers ? NORBERT - Bien sur ! Pas grand, immense ! A S 1 ( elle reprend son dossier ) - Je pourrais avoir l'adresse ? NORBERT ( énervé ) - J'en sais rien moi ! Mettez 17 rue... non, avenue c'est plus grand ! 17 avenue Foch. ça vous va ? A S 1 - Moi oui, ça me va ! C'est pour vous que ça ne va pas !( elle écrit sur le dossier ) un grand, non : un immense appartement, 17 avenue Foch. Vous avez le code postal ?   ANNE SOPHIE - 75016 !C'est très drole : je travaille avec un fonds d'investissement qui se trouve à cette même adresse ! NORBERT - Très drole, en effet;  J'irais même jusqu'à dir hilarant ! ANNE SOPHIE - Vous avez raison : c'est le mot qui convient car je vous informe, Norbert, que dans cet immeuble il n'y a pas de logements. Uniquement des bureaux ! NORBERT ( surpris ) - Vous êtes sure ? ANNE SOPHIE - Totalement ! Vous ne seriez pas en train de me raconter des gros mensonges, monsieur Hardal ? NORBERT - ( embèté ) - Effectivement... ANNE SOPHIE - Je m'en doutais ! NORBERT - Je voulais dire : effectivement c'est embêtant qu'il n'y ait que des bureaux à cette adresse ! CLAIRE ( elle vient à l'aide  de Norbert. A anne Sophie) - Vous avez bien dit que vous connaissez l'art contemporain et ses tendances ? ANNE SOPHIE - C'est exact. CLAIRE - Et vous ne connaissez pas le buralisme ? ANNE SOPHIE - Je dois avouer que non. Vous pouvez me  dire ce que c'est, Norbert ? NORBERT ( embèté ) -Bien sur !  claire, c'est quoi déja ton truc , CLAIRE - Le buralisme ! C'est habiter dans un bureau ! NORBERT - Ah oui ! Le buralisme est une tendance qui est apparue en opposition à la normalisation de l'appartementisme et en réaction à la banalisation du logementisme ! ANNE SOPHIE - En effet, je ne connaissais pas !  C'est nouveau comme tendance ? NORBERT - ça vient de sortir !

A S 1 ( elle se lève ) - Excusez moi, je m'absente un instant.  ça doit être tous ces changements dans le dossier. ça me perturbe,, j'ai encore des ennuis gastriques.

( elle sort )

ANNE SOPHIE - Pour en revenir à la peinture,  dans la nouvelle génération de peintres français, y'en a t'il un que vous appréciez ?

NORBERT - On pourrait peut être parler d’autre chose que de peinture, non ? ANNE SOPHIE - Vous voulez qu’on parle de quoi ? De sculpture ? NORBERT ( il commence à s’énerver ) - Qu’on parle de quoi, qu’on parle de quoi ! J’ai bien pris contact avec vous sur un site de rencontre, non ? ANNE SOPHIE - Et alors, ça n’empèche pas de parler d’art moderne ! NORBERT ( encore plus énervé ) - Vous commencez à m’énerver avec votre art moderne ! Fini de causer, allons droit au but : dites moi comment vous me trouvez! ANNE SOPHIE (étonnée) - Comment je vous trouve ? Je n'en sais rien, moi. Normal ! NORBERT - Non, je veux dire : comment vous me trouvez « physiquement « ! ANNE SOPHIE - C’est ce que je disais: normal ! NORBERT ( il s’énerve de plus en plus ) - ça ne veux rien dire, ça, normal ! Est ce que je vous plais ou pas ? ANNE SOPHIE ( petit silence ) - Pour être franche : pas du tout!  NORBERT (étonné) - A ce point là ? ? CLAIRE ( satisfaite, elle rit ) - On appelleça  un rateau ! NORBERT ( effondré ) - Trois mois de boulot sur internet pour qu’elle finisse par me dire que je ne lui plait pas du tout !( il s’effondre sur le canapé ) ANNE SOPHIE -  Je pense en plus que nous ne sommes pas compatibles. NORBERT ( étonné ) - ça veut dire quoi pas compatibles ? ANNE SOPHIE - Dans le cadre de mes fonvtions j'ai fait une formation en psychologie. Je n'aime pas du tout la façon dont  vous me regarder. NORBERT ( déçu? à Claire ) - Tu vois, je t'avais dit que c'était un peu gros, elle s'en est rendue compte ! ANNE SOPHIE - Exactement. Je me suis rendue compte que vous êtes quelqu'un de fourbe.  Votre regard dénote un caractère mensonger, monsieur Hardal ! NORBERT - Mensonger !C'est vous qui le dites !  Je vous ai juste raconté des bobards, c'est tout ! ANNE SOPHIE - Des bobards ? NORBERT - Des conneries, si vous préférez ! Mais comme disait Boris Vian : tout est vrai puisque je l'ai inventé ! ANNE SOPHIE - Vous avez tout inventé ? NORBERT - Tout ! En réalité je suis un chomeur complètement fauché et ce n'est pas mon regard qui est mensonger, ce sont mes yeux ! Ils sont beaux mais ils ne servent plus à rien. ANNE SOPHIE - C'est à dire ? NORBERT - Comment vous expliquer ? Disons que mes yeux sont en cessation progressive d'activité et que la fin est proche. ANNE SOPHIE - ça veut dire que vous êtes... NORBERT - Oui, je suis aveugle ! Un pauvre handicapé indigne d'une riche banquière. ANNE SOPHIE - Ne caricaturez pas trop quand même.! On se croirait en plein mélodrame ! Je ne suis pas un monstre. NORBERT - ça veut dire qu'éventuellement vous accepteriez une relation avec moi ? ANNE SOPHIE - Vous plaisantez ?   C'est rédibitoire. Je n'imagine pas une seule seconde vivre avec une personne handicapée ! ( petit silence ) Et pauvre en plus !Je ressents de la pitié pour vous, c'est tout ! NORBERT - OK ! Et je dois sans doute vous remercier ? ANNE SOPHIE ( petit rire hautain ) - Ce n'est pas la peine. C'est tout naturel ! NORBERT ( il s'énerve ) - Je m'en fout, je vous remercie quand même pour votre immense bonté ! ANNE SOPHIE -  Ne le prenez pas comme ça, Norbert, je suis désolée si je vous ai offusqué ! NORBERT ( il se calme ) - Pardonnez moi ! ANNE SOPHIE - Je vous pardonne très volontiers, mon cher Norbert. Et  puis, ne vous inquiètez pas, vous trouverez bien une personne comme vous pour vous accoupler ! NORBERT - Et on fera plein de petits aveugles, c'est ça ?   CLAIRE - Mais quelle salope ! ( Elle  va prendre la malette d’ANNE SOPHIE par terre, la lui met dans les mains et la pousse vers la porte. )   Allez, au revoir, la bourge ! Non, pas au revoir, adieu ! ANNE SOPHIEMais... CLAIRE - Y'a pas de mais ! On prend sa Porsche et on va à son conseil d'administration ! Et on se dépèche, si ça se trouve vos actions sont en train de perdre de la valeur !

(elle pousse ANNE SOPHIE dehors et elle claque la porte ) CLAIRE ( elle tape dans ses mains ) -Allez, hop, bon débarras!

 Acte 4, scène 1

( Claire vient s’installer auprès de NORBERT dans le canapé ) NORBERT ( interloqué ) - Je peux te demander ce que tu viens de faire ?  CLAIRE - Je l’ai virée. Pourquoi,  il fallait pas ? NORBERT - Je te signale, au cas où tu ne serais pas au courant, que c’était la femme de ma vie ! CLAIRE - Je sais, mais visiblement, toi, tu n’étais pas l’homme de la sienne !

( Lucette revient )

A s 1 ( à Norbert ) - Tiens, elle est partie votre fiancée ? NORBERT - Oui, définitivement ! A S 1 - C'est bète ! ( petit silence ) Enfin, pas si bète que ça, tout compte fait : elle n'avait pas l'air très sympathique ! NORBERT - Je vous remercie énormément de vous inquièter de la qualité de mes relations féminines, madame Chotard ! A S 1 - Ce n'était pasune femme faite pour vous, monsieur Hardal. Ce n'est pas grave vous en retrouverez facilement une autre ! NORBERT - Qu'est ce qui vous fait dire ça ? A S 1 - Un décorateur fortuné comme vous, ce ne sont pas les prétendantes qui vont manquer !

( Norbert se lève. Lucette s'installe dans le canapé. Elle prend sa malette )

A S 1  - Excusez moi pour ma petite abscence ! C'est mes ballonements. Roberte dit que je devrais me mettre en maladie !! NORBERT  - Vous faites ce que vous voulez mais vous remplisser mon dossier avant ! A S 1 - C'est déja fait : je l'ai rempli pendant que vous tentiez de séduire votre relation féminine, comme vous dites. Il ne vous reste plus qu'à signer.  J'ais juste un petit truc à modifier. NORBERT - C'est quoi ? A S 1  - J'ai rayé célibataire. Mais je vais le remettre. Je pensais que ça allait marcher avec la dame et je n'avais pas envie de refaire le dossier encore une fois. Mais comme ça n'a pas marché je vais le remettre. ( elle prend le dossier ) Voyons voir : Célibataire, je recoche la case. NORBERT - Merci beaucoup madame Chotard.  Comme ça tout est à nouveau exact : je suis célibataire, aveugle et au chomage. Avec ça ça devrait suffire ! Même pas la peine de parler de mes genoux ! A S 1 - Vous plaisantez, monsieur Hardal , NORBERT - Vous pensez qu'on  devrait rajouter les genoux ? A S 1 - ça ne changerait rien. NORBERT ( satisfait ) - OK,    Si vous pensez que c'est bien comme ça, ça me convient parfaitement ! A S 1  - Pas à  moi ! NORBERT - Qu'est ce qu'il y a encore, madame Chotard ?  Pourquoi ça ne vous convient pas ?  A S 1 - Parce que je suis persuadée  que vous êtes un escroc, monsieur Hardal! NORBERT - Mais absolument pas  ! Qu'est ce qui vous fait dire ça ? A s 1 - Je vous explique. Écoutez moi bien, je ne répéterai pas deux fois. NORBERT - Allez - y ! A S 1 - Monsieur Hardal, vous avez déclaré sur internet que vous êtes non voyant,  sans emploi et célibataire. NORBERT - C'est exact. A S 1 - Vous avez également déclaré que vous résidez dans un petit studio loué  par un office HLM. NORBERT - Tout à fait. A S 1 - Alors expliquez moi pourquoi grace à ma sagacité et à une inspection menée de main de maitre j'ai constaté que vous étes décorateur, d'intérieur qui plus est !  Que vous essayez de vous marier en douce sans nous prévenir et surtout... NORBERT - Surtout quoi ? A S 1 ( elle hausse le ton ) - Que vous êtes buraliste ,  monsieur Hardal ! NORBERT - Buraliste ? A S 1  - Ne me prenez pas pour une demeurée, monsieur Hardal ! J'ais une très bonne mémoire :le buralisme est une tendance qui est apparue en opposition à la normalisation de l'appartementisme et en réaction à la banalisation du logementisme. Vous n'habitez donc pas votre logement HLM, vous êtes buraliste dans le seizième  ! NORBERT - Mais , madame Chotard... A S 1 - Je sais, monsieur Hardal, vous allez encore me dire que vous avez coché la mauvaise case ! NORBERT ( abattu ) - A force de cocher et de décocher, je ne sais plus où j'en suis ! ( il se reprend ) Mais  le plus important pour mon allocation cécité c'est quand même que je sois aveugle, non ? A S 1 - Justement, monsieur Hardal !  j'ai également constaté  que pour un aveugle vous avez une très bonne vue ! NORBERT - Mais absolument pas ! Je vous ai déja expliqué que c'était à cause d'Anne Sophie ! Je suis non voyant. Aveugle, bigleux, complètement miro ! A S 1 - D'accord ! NORBERT ( il se lève ) Enfin, vous me croyez ! A S 1 - Je ne vous crois pas du tout, monsieur Hardal !Prouvez le ! NORBERT - Prouvez quoi ? A S 1 - Que vous êtes aveugle ! NORBERT - C'est impossible ! Comment voulez vous que je vous prouve que je suis aveugle ,? Il faudrait un certificat médical ! A S1 - Effectivement, mais on n'a pas le temps. CLAIRE - Pourquoi ? A S 1 - Parce qu'il faut faire le dossier tout de suite : Roberte est en vacances la semaine prochaine ! NORBERT ( il se laisse tomber dans le canapé ) - C'est foutu.  Madame Chotard, donnez moi l'adresse des restos du coeur et du samu social. Je vais en avoir besoin :! A S 1 - Inutile d'essayer de m'appitoyer, monsieur Hardal ! Prouvez moi immédiatement que vous êtes non voyant ou je supprime votre allocation ! NORBERT ( complètement abattu ) - Je confirme : c'est foutu ! CLAIRE ( à Norbert ) - Attends, je crois que j'ai une idée ! Est ce que tu as gardé la lettre que je t'ai écrite , NORBERT - Normalement  oui. CLAIRE - Va la chercher !

( Norbert se lève et sort )

A S 1 - Qu'est ce que vous manigancez ? Je vous signale que je ne suis pas idiote, n'essayez pas de me tromper. CLAIRE - Rassurez vous, madame Chotard, avec moi tout est clair !

( Norbert revient avec la lettre à la main. Il la tend à Claire. )

NORBERT - Tiens, voilà ta lettre !

( Claire sort unefeuille en braille de l'enveloppE; elle tapote la feuille sur la main de Norbert  )

 CLAIRE ( à Norbert ) - Lis ça, c’est du braille , c’est fait pour les aveugles ! NORBERT (il hésite, il prend la lettre. Il s'assoit, pose la lettre à plat sur la table et commence à lire. Il lit doucement )  - J'ai  très  souvent rèvé de te faire la cour, De te dire des mots tendres, de te parler d’amour. Mais ces mots là, NORBERT, je ne sais pas les dire, Alors, pardonne moi : je vais te les écrire: Je voulais simplement t’avouer que je t’aime Et c’est juste pour ça que j’ai fait ce poème ! CLAIRE

( petit silence ) CLAIRE ( à A S 1 ) - Alors ? a s 1 - C’est du lourd !Enfin, je veux dire : c’est beau ! NORBERT - Ouais, je dois reconnaitre que... !

a s 1- Queça troue le cul ! ( Claire ET Norbert  se retournent  vers elle ) - Madame Chotard ! a s 1 - Excusez moi, c’est l’émotion ! NORBERT - C'est bien joli, l'émotion, mais ça ne résoud pas mon problème. CLAIRE - Si tu lis le braille c'est bien que tu es aveugle, non ? ( à A S 1 ) - ça devrait vous suffir comme preuve ! A S 1  - ça ne me suffit pas ! NORBERT ( à Claire ) - C'était pourtant bien essayé !  a s 1 Monsieur Hardal ?  NORBERT( énervé )  -Quoi ! Qu'est ce que vous voulez encore ? a s 1 - Monsieur Hardal , je pense  toujours que vous êtes un escroc ! NORBERT - Vous pouvez penser ce que  vous voulez, je m'en fout! A S 1 -  - Laissez moi finir, monsieur Hardal !Vous êtes un escroc mais uniquement un escroc de l’amour! parce que je viens de constater que vous êtes réellement aveugle ! NORBERT ( surpris ) - C'est vrai ? A S 1 - Oui !  Visiblement cette femme vous aime et vous semblez le seul à ne pas le voir ! C'est bien une preuve de cécité, non ? NORBERT ( penaud ) - Vous avez raison ! A s 1 - Si vous me promettez de répondre favorablement à sa missive  je  vous réaccorde  votre allocation ! NORBERT - Je vous le promets, madame Chotard !

( lucette referme sa malette et se dirige vers la porte ) A S 1 - Je vous conseille de ne plus cocher aucune case jusqu'à nouvel ordre, Monsieur Hardal ! Bon, il faut que j'y aille. A cette heure ci François Hollande doit commencer à avoir faim ! ( elle sort )  Acte 4, scène 2

NORBERT - ( il s'approche de Claire ) - Maintenant  il faut que tu m'explique ! CLAIRE - Que je t'explique quoi ? NORBERT( il montre la lettre en braille ) - ça ! CLAIRE - Tu n'as pas compris ? ? NORBERT ( hésitant ) - Je ne suis pas sur. CLAIRE  -  C'est bien la preuve? comme madame Chotard vient de te le dire, que tu n’es qu’un sale bigleux! NORBERT - Pourquoi tu dis ça ?  CLAIRE - Ne fais pas semblant de ne pas comprendre !C’est surement parce  que tu es aveugle que tu es allé chercher ailleurs ce que tu avais sous la main! NORBERT - Il tapote sous sa main ) - Il n'y a rien ! CLAIRE - Ne fait pas l'imbécile ! ça fait des mois que j’essaye de te montrer que je t’aime et toi, rien, tu ne vois rien ! NORBERT - Moi,, je ne vois rien, alors ça c’est la meilleure ! CLAIRE - Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas entendre. Oui, NORBERT, Je taime ! NORBERT (estomaqué) - Tu m’aimes ! Alors là... ( CLAIRE (se rapproche de NORBERT, lui pose les mains sur les épaules) CLAIRE Eh oui, mon vieux copain, j’en voudrais plus !  Je t’aime ! NORBERT - Fallait me le dire ! CLAIRE ( petit rire nerveux ) - Tu as raison, j'aurais du y penser ! NORBERT - Et pourquoi tu ne me l'as pas dit , CLAIRE ( elle s'énerve ) - Parce que c’est très dur à dire ! NORBERT ( petit silence ) - Je sais! CLAIRE( surprise ) - Comment ça, tu sais ? NORBERT - Parce que moi aussi, plusieurs fois j'aurais voulu te le dire mais  je n'ai pas non plus réussi! ! CLAIRE  - Et pourquoi , espèce de nigaud ? NORBERT - Parce que je ne suis qu’un pauvre aveugle complètement fauché et que je pensais que tu pourrais trouver mieux! CLAIRE - Je m’en fous, moi, que tu sois fauché ! NORBERT - Ouais, mais je suis aveugle!  CLAIRE - C'est pas un problème, ça peut s'arranger ! NORBERT ( Surpris ) -  Je crois qu'elle avait raison la banquière : tu dois fumer des substances illicites ! CLAIRE - Absolument pas ! NORBERT - Alors explique moi comment ça peut s'arranger mon problème de vue ? CLAIRE  - Il suffit juste que tu me dises que tu m'aime ! NORBERT - C'est remboursé par la Sécu , CLAIRE - Essaye !( NORBERT il hésite et se lance ) - Je t'aime, Claire ! CLAIRE ( petit silence ) - Voilà, c'est aussi simple que ça. NORBERT ( moqueur )-C'est du pipeau, ton truc ! CLAIRE -Non, Norbert ! NORBERT - Je ne sais pas où tu veux en venir mais je te signale que je ne te vois toujours pas ! CLAIRE - si, Norbert, , maintenant tu me vois. NORBERT ( narquois ) - Et  tu peux me dire comment je te vois ?   CLAIRE - Avec ton coeur ! !

( Claire embrasse Norbert )

NOIR